LES AUTEURS
Si on s’en tient aux croyances communément admises,
devenir auteur n’est pas en soit chose très compliquée
puisqu’il suffit de créer une première oeuvre ce qui,
dans le cas présent, se résume à écrire un premier
roman « noir ». Les choses se compliquent quand il faut remettre le
fer sur l’enclume et le tordre encore et encore pour en tirer des
personnages, un ton, un univers, des situations qui vont créer,
titre après titre, des attentes de lecteurs, des envies de lectures, des
impatiences d’éditeurs, des appétits de libraires. Ou
l’inverse. S’il est un point commun à James Ellroy,
Dennis Lehane, Tony Hillerman, Paco Ignacio Taibo II, Donald Westlake,
Marc Behm, Bill James, Hugues Pagan, George Chesbro, James Lee Burke,
Elmore Leonard, Charles Willeford, Jean-Hugues Oppel, Daniel Woodrell,
Robin Cook, Sjöwall & Wahlöö, Janvillem van de Wetering,
Peter Corris, Edward Bunker, David Peace, Joseph Hansen, Pascal Dessaint,
Kinky Friedman, John Harvey, William Bayer, Marc Villard, Giorgio Scerbanenco,
Alicia Giménez Bartlett, Jim Nisbet, c’est d’avoir
réussi dans ce domaine.
Ces auteurs partagent un autre point commun, celui d’avoir é
té choisis par François Guérif et édités
en France dans la collection Rivages/noir, collection qu’il a
fondée et dirige depuis 25 ans. Si techniquement le métier
d’éditeur n’est pas beaucoup plus diffi cile que celui
d’auteur, comme toujours, les choses se compliquent quand il faut
durer et, oeuvre après oeuvre, construire un catalogue qui donne envie
à des auteurs, connus ou non, de vous confi er leur avenir littéraire,
à des journalistes de surveiller votre travail, des libraires de vous
accorder une place dans leurs vitrines, des lecteurs de suivre leurs conseils.
Le destin de Rivages/noir bascula quand François Guérif prit le
pari de publier la première trilogie de James Ellroy, auteur alors
inconnu. Le catalogue était déjà riche de 25 titres, mais
il manquait de charbon dans la chaudière pour lancer la machine à
plein régime. C’est ce qu’apporta Ellroy.
Ce travail au long cours accompli par François Guérif fut
recompensé par le Ellery Queen Award en 1997, prestigieuse
distinction accordée pour la première fois à
un éditeur non américain.
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